#Les Séparables (dès le CP-nouvelles dates!) ou les Roméo et Juliette des temps modernes de Fabrice Melquiot au Théâtre de la Ville… ou dans vos classes !

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C’est sous la direction d’Emmanuel Demarcy-Mota que le spectacle “Les Séparables” a vu le jour. Le spectacle, oui, mais pas sa lecture ni sa rencontre avec le jeune public. Avant d’arriver sur la scène de l’Espace Pierre Cardin, cette pièce s’est d’abord transportée dans de nombreuses écoles de la capitale sous forme de lecture-théâtrale, ainsi qu’à la Maison du Geste et de l’Image en présence de scolaires. “Les Séparables”, c’est d’abord une rencontre souvent pleine d’émotion avec les plus jeunes, l’envie de partager avec eux des questionnements sur le racisme, la famille ou tout simplement l’enfance et l’imaginaire qui s’y déploie. Nous avons eu la chance d’avoir un assez long échange avec les comédiens (Céline Carrère et Stéphane Krähenbühl) qui portent avec brio ce texte assez méconnu de Fabrice Melquiot. Cet article en est un condensé. Nous espérons que les professeurs des écoles continueront à s’emparer de ce spectacle.

 

Il serait assez réducteur de dire que les textes pour la jeunesse de Fabrice Melquiot sont uniquement destinés au jeune public. Et précisément la grande qualité des Séparables réside certainement dans le fait que petits comme grands s’y retrouvent. Ici, les petits, parce que cette pièce fait sensiblement écho au monde de leur enfance ; et les grands, parce qu’elle nous rappelle ce que nous avons été un temps. Elle nous entraîne également dans des questionnements contemporains sur notre société et notre rapport au monde. Voilà un plaidoyer magnifique sur l’humain, peuplé de tribus indiennes et de chevauchées sauvages, dont nous ne ressortons pas vierges. C’est dans la peau de Sabah que Céline Carrère interprète les rêves et les sourires d’une petite fille partie à la conquête des grandes plaines d’une imagination fertile et rattrapée malgré elle par son statut de “jeune beurre” aux “makrouts” (de ses parents) “un peu trop gras”. Ces attributs malheureux finiront par la séparer de son ami et voisin Romain, aux parents eux “bien français”, prenant soin des fréquentations de leur chérubin. Les enfants, pris en étau, se retrouvent victimes de la bêtise des adultes.

 

C’est donc sans cette amie de cœur que le petit Romain grandit, la magie du théâtre opérant les secondes en années, laissant entrevoir en son interprète (Stéphane Krähenbühl), la profondeur de champ du personnage, ses différents niveaux de narration, ponctués entre l’enfant et le jeune adulte, et pourquoi pas l’adulte plus mûre évoquant qui un vieux souvenir… qui une personne disparue… qui cette blessure encore vive à réparer, qui un(e) ami(e) que nous aimerions tant revoir… Des anecdotes d’enfants et d’adultes touchés par ce spectacle, Céline et Stéphane en ont plein leur besace et l’aventure (humaine) n’a pas manqué d’intensité durant l’année de tournée auprès des scolaires.

 

Mais une lecture théâtralisée n’est pas une transposition sur la scène. Et bien que les comédiens connaissaient leur rôle par cœur, il a tout de même fallu les retravailler et densifier peut-être encore la psychologie et donc le jeu des personnages. Cela a précisément été le rôle d’Emmanuel Demarcy-Mota. Les comédiens ont dû re-composer avec une scénographie visuelle en 3D, manifestation physique superbe précisément de cette profondeur de champ : d’abord la ville et ses immeubles se dessinent sous nos yeux. Les grandes tours HLM étant assez évocatrices de ces lieux où les bailleurs sociaux parquent leurs locataires dans un souci d’optimisation de l’espace, élargissant ses barreaux pour laisser place à l’espace mental des enfants, la chevauchée sans merci du cow-boy ou l’attaque des sioux du Dakota.

 

Ces habitués du Théâtre de la Ville (Céline Carrère et Stéphane Krähenbühl sont intermittents et non salariés, le Théâtre de la Ville n’a pas de “troupe”au sens que peut l’entendre la Comédie française par exemple), incarnent avec brio ces Roméo et Juliette des temps modernes. Sur scène ou dans nos classes, à quand la prochaine tournée?

 

 L’œil pédagogique

Le Théâtre de la Ville met un dossier pédagogique en ligne.

 

Les Séparables

Du 18 au 22 septembre 2018

Théâtre des Abbesses

Du 26 octobre au 4 novembre 2018

Espace Cardin-Studio. 

Tout public à partir de 6 ans.

Renseignement auprès du Théâtre de la Ville, 01 42 74 22 77.

Texte : Fabrice Melquiot (l’Arche éditeur).
Création collective sous la direction d’Emmanuel Demarcy-Mota.
Avec la collaboration de Christophe Lemaire.
Avec : Céline Carrère & Stéphane Krähenbühl.
Création musicale : Arman Méliès.
Création vidéo : Mike Guermyet.
Scénographie : Yves Collet.
Costumes : Laurianne Scimemi Del Francia.
Lumières : Christophe Lemaire & Yves Collet.
Environnement sonore : David Lesser.
Durée : 1 h.

Le spectacle a été joué du 6 au 23 février 2018 au Théâtre de la Ville hors les murs, Espace Cardin, Studio (Paris).
>> theatredelaville-paris.com

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