#Avignon IN – “Saison Sèche” ou la pièce que les élèves ne pourront (peut-être) pas voir et qui leur est destinée ! (Classes des lycées)

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“Saison Sèche” oeuvre totale ! Phia Ménard bouscule avec justesse, fureur et pudeur en interrogeant… le patriarcat, nos regards sur la femme, le corps et l’oppression. Spectacle à vivre au cœur d’une oeuvre d’art scénographique éphémère et magistrale ! Si possible avec des lycéens… en inter-générations !

 

Le portrait chinois

Si c’était un son?

Le cri du choeur, dont la singularité de chacune constitue la force et qui produit, propage, partage de la force.

Si c’était une couleur ?

Celles de nos peaux … et oripeaux.

Si c’était un végétal ?

Un piment. Un piment vert.

 

L’oeil

La proposition de Phia Ménard, Saison Sèche (nouveau volet de sa trilogie sur « Pièces de L’Eau et la de Vapeur », créée ce 17 juillet 2018 lors du festival d’Avignon IN) est « un acte théâtral en cinq scènes » comme le dit la fondatrice de la Compagnie Nova. Cette création puissante, toute en pudeur, traite notamment de la volonté de se libérer d’une oppression, celle de détruire la domination des hommes sur le corps, le corps des femmes notamment.

Entre quatre murs blancs (à l’origine) et sous la menace d’un plafond mouvant piqué de néons, Phia Ménard met en jeu également la force du rituel pratiqué en groupe. Rite qui se fonde ici pour faire exploser le plafond de verre qui étouffe l’individu, quelque soit son sexe. Sa scénographie est une oeuvre vivante, respirante : un bouleversant partenaire de jeu.

Thèmes, enjeux et formes propices, pour un public de lycéens… Et pourtant, les peurs ou les habitudes, les précautions (compréhensives) des enseignants, ne permettront (peut-être) pas aux élèves de découvrir, de vibrer, de penser avec cette création, dont ils sont pourtant les premiers destinataires ! Les interprètes dansent parfois entièrement nus ou sont en partie dénudés. Au passage, précisons que les chiffres officiels du Ministère de l’Education nationale montrent qu’une grande majorité des élèves de fin de primaire sont déjà tombés (malheureux hasard ou non) sur des scènes à caractère pornographique. Le rapport au corps et à la sexualité de nos jeunes gens est souvent biaisé, n’ayant pas conscience qu’un corps peut aussi participer à la création d’une oeuvre.

Ces corps nus ne sont pas sexués, la gestuelle infiniment gracieuse ne connote aucune vulgarité. Ces corps sont, tout simplement. Et par un jeu de peinture, ils s’habillent de leurs récits faits de naissances, de renaissances, de révoltes, de forces, de pudeurs, de reflets et de pensées : un coup de poing terriblement juste et parfois drôle, une oeuvre sincère et nécessaire.

Interrogeons-nous ensemble :

Pourquoi le corps des femmes fait-il “peur”?

Pourquoi la lutte contre l’oppression, le patriarcat sont-ils autant d’actualité ?

Rendons fertile pour l’avenir cette Saison Sèche, qui interroge notre aujourd’hui et provoque notre essence par les sens.

 

L’œil pédagogique

Ce spectacle pourrait être un formidable appui dans de nombreuses matières :

En S.V.T. afin d’aborder le corps et ses fonctions simplement, sans sexualité, ou, en profiter pour que les deux heures de sexualité imposées soient entreprises sans tabou et accompagnées.

En Histoire, E.M.C., Philosophie, on pourra interroger l’histoire du corps de la femme à travers les âges, les libertés, les fausses croyances et les combats. Dans les mêmes matières, les rites initiatiques, ainsi que le fonctionnement des groupes et des tribus pourront être abordés.

En Arts appliqués, pour les Seconde GTAA par exemple, l’utilisation de l’eau et de l’air sur le carton-le papier, la peinture sur corps ainsi que la place du Nu dans les arts à travers les siècles, pourraient être développés.

 

 

SAISON SÈCHE – INDISCIPLINE SPECTACLE 

De Phia Menard.

Avec : Marion Blondeau, Anna Gaïotti, Élise Legros, Phia Ménard, Marion Parpirolles, Marlène Rostaing, Jeanne Vallauri, Amandine Vandroth.

Conception et dramaturgie : Phia Ménard, Jean-Luc Beaujault.
Musique et son : Ivan Roussel.
Scénographie : Phia Ménard.
Construction et accessoires : Philippe Ragot.
Lumière : Laïs Foulc.
Costumes : Fabrice Ilia Leroy.
Manipulations des éléments : Benoît Desnos, Adèle Ogier, Rodolphe Thibaud.

Production Compagnie Non Nova.
Résidence et coproduction Espace Malraux Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, Théâtre national de Bretagne.
Coproduction Festival d’Avignon, La Criée Théâtre national de Marseille, Théâtre des Quatre Saisons Scène conventionnée musique(s) de Gradignan.

Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas et pour la 72e édition du Festival d’Avignon : Adami, Spedidam.

 Crédits photo : Raynaud de Lage.

Durée : 1h30

Festival d’Avignon 2018
L’Autre Scène du Grand Avignon – Vedène
Du 17 au 24 juillet sauf le 20 à 18h

En tournée 2018-2019

Annecy le 29-11-2018 Bonlieu Scène nationale

Bobigny du 10-01-2019
au 13-01-2019 MC93

Orléans du 17-01-2019
au 18-01-2019 La Scène nationale d’Orléans

Douai le 05-02-2019 Tandem Douai Arras

Valence du 13-02-2019
au 14-02-2019 La Comédie de Valence

Marseille du 28-02-2019
au 02-03-2019 La Criée

Gradignan le 07-03-2019 Théâtre des Quatre Saisons

Nantes du 13-03-2019
au 14-03-2019 Le Grand T

Rennes du 20-03-2019
au 29-03-2019 TNB – Théâtre National de Bretagne

Mulhouse le 04-05-2019 La Filature

 

Phia Ménard sera également au Monfort Théâtre cette saison avec un autre spectacle.

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