#Avignon OFF – L’ombre de la baleine : magistrale création qui interroge les liens familiaux, par le regard de celui qui subit

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“L’ombre de la baleine” est un bijou puissant et poétique, créé par Mikaël  Chirinian. Le temps d’une heure il donne la parole à l’enfant-témoin au coeur d’une famille aux prises avec les traumas de l’Histoire. “L’ombre de la Baleine” ou l’influence de la littérature pour se construire ! Un duo douloureusement doux entre Homme et marionnette sous l’ombre de Mody Dick. Au Théâtre des Carmes, à 13h25 et en tournée. A ne pas rater en famille ou en classe, à partir du collège.

 

Le portrait chinois

Si c’était un végétal ?

Un lilas blanc en origami, fragile et ancré comme l’enfance.

Si c’était un son ?

Le silence infernal des secrets de famille.

Si c’était une couleur ?

Le bleu. Les bleus. Du froid de celui du matin au feu de celui des profondeurs… Des bleus… réinventés par Klein ou transpercés par Moby Dick.

 

L’œil

Assis en bord de plateau, hors du cadre de bois où il nous harponnera avec la plus grande douceur, le “héros” : Noël. Il nous regarde avec une extrême attention. Son double marin en marionnette nous fait face sur scène…  Baignés par une lumière bleu froid, ils attendent que nous soyons prêts à tourner la première page de l’histoire, à partager les premiers mots de Moby Dick d’Herman Melville, les premiers maux de Noël… Avant le raz de marée !

Soudain, surgit d’un ordinateur une voix. La voix lit les mails de la grande sœur, dont les crises de “folie” ponctuent et orientent depuis l’enfance le schéma familial, telle la baleine blanche du roman…

Avec précision, sensibilité et sourde violence, Mikaël Chirinian, joue chaque membre de sa famille et c’est alors son double-marin qui donne à voir ce que traverse le petit Noël… Il nous révèle, les liens et l’histoire de la mère sensible-trop-sensible ou du grand-père arménien silencieux, avec pudeur, humour et complexité. Rarement le thème des traumas, des liens familiaux, de l’histoire migratoire d’une famille, de l’adolescence et l’appropriation de l’histoire personnelle, ont été représentés si justement ! Sans fausse pudeur, le chantage au suicide, les non-dits, les pulsions de vie et de mort, sont évoqués. Un livre lui sera offert: Moby Dick, ponctuera et éclairera dès lors, sa vie et le spectacle.

Un texte sensible, une scénographie délicate et forte offrent un écrin à ce grand interprète ! Ce duo homme- marionnette est poétique et vrai. D’où que nous venions nous sommes émus, nous pouvons nous reconnaître et penser-panser les maux de l’enfance grâce à cette fable. “Cette fable nous fait prendre le large”, nous offre de regarder autrement !

 

L’œil pédagogique

Ce spectacle pourrait être mis en relation avec l’autobiographie, le récit de soi en Français, le parcours des migrations en Histoire-Géographie et en Mathématiques, ainsi qu’en E.M.C. sur les thèmes du harcèlement et des violences. La conception du plateau à “trappes” pourrait être l’occasion d’études de plans et de calculs d’angles en Géométrie ou en Technologie.

L’Ombre de la Baleine  – Théâtre des Carmes – 13h15 jusqu’au 25 juillet –Festival Avignon 2018

Ecrit par Mikael Chirinian et Ocean.

Mise en Scène : Anne Bouvier.

Assistant mise en scène : Pierre Hélie.

Musique : Pierre-Antoine Durant.

Scénographie : Mikael Chirinian (conception) & Natacha Markoff.

Lumières : Denis Koransky.

Création marionnette : Francesca Testi Chorégraphie : Moustapha Ziane.

Production : Théâtre Paris-Villette, Matrioshka Productions et On va pas se mentir.

Réservations : 04 90 82 20 47.

Durée : 1h00.

Crédit Photo : William K.

 

 

 

 

 

 

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