#HELSINGØR – Château d’Hamlet : Plongez dans la première adaptation française de la pièce de Shakespeare en théâtre immersif !

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someoneShare on LinkedInPrint this page

Avec la création d’ « Helsingør – château d’Hamlet », Léonard Matton renomme la profession de metteur en scène en « metteur en espaces ». Le Secret – nom donné au lieu où se joue la pièce – se situe dans une ancienne usine de tuyauterie (et accessoirement avant encore, une ancienne prison de femmes). Le lieu est pourtant situé en plein 5e arrondissement, à deux pas de la Place Monge, où ce créateur a enfin réalisé un rêve : celui de monter un « Hamlet » immersif. Voici le récit d’une plongée bien singulière, au cœur d’un genre qui repousse ses codes et entraîne le spectateur dans une expérience… unique.

 

Oui, l’aventure est singulière !

Cette ancienne usine de près de 4000 M2, en partage avec les Plateaux urbains, a permis à la Compagnie Antre De Rêves (A2R) , de reconstruire ce qui pourrait ressembler au château dit d’Helseneur. Le promoteur immobilier, et heureux propriétaire du lieu, a accepté, avant travaux, d’en faire un théâtre. Riche idée ! Mais une fois entrés à l’intérieur, on peine à imaginer que tout le travail de ces artistes, prolifiques, aux multiples casquettes, tant chefs décorateurs, menuisiers qu’excellents comédiens, sera bientôt mis au pilori pour la construction… d’un hôtel particulier. Aïe, ça fait mal.

 

En attendant, profitons de l’aventure qui vaut le détour. Elle ressemble un peu à ce théâtre anglo-saxon émergeant, dit immersif, investi il y a peu, dans un duplex à New York. La différence est cependant notable, ici les espaces sont entièrement inventés, le lieu recréé et le fond se coule dans la forme. Quelques salles indépendantes les unes aux autres, le spectateur actif et participatif déambule dans ce qui pourrait être la chambre d’Ophélie, celle des époux royaux, ou celle des fossoyeurs. Elles sont nombreuses. Et d’antichambre en chapelle ardente, nous déambulons de Charybde en Scylla et vivons l’errance déshérence d’un Hamlet en mal de repères et en quête de père.

 

 

Le spectateur, sorte de 11e personnage, va jusqu’à frôler les comédiens qui eux-mêmes se lovent tels des caméléons au milieu d’un public un poil décontenancé, mais bien tenté d’ouvrir et de lire à la vue de tous les journaux intimes d’Ophélie ou ceux de la Reine. En autorisant le spectateur à tirer les tiroirs secrets des personnages, on le place dans une sorte de télé-réalité, une “Loft story” théâtrale qui finit par le mettre mal à l’aise, jusqu’à rendre certaines scènes oppressantes.  Le spectateur se voit conférer le statut de voyeur déifié, omni-présent, omni-scient et même omni-potent : la scène s’anime quand précisément celui-ci fait son entrée et non l’inverse.

 

 

Les frontières habituelles du théâtre sont gommées au rythme des pas des spectateurs qui osent ou non s’aventurer dans l’antre (la compagnie est donc fidèle au nom qu’elle s’est choisie !) des différents espaces physiques, mais aussi mentaux d’un personnage éponyme (Hamlet -Magnifique Gaël Giraudeau) dont on ne sait plus s’il est fou ou non. L’apogée est certainement atteinte avec une Ophélie remarquable. Marjorie Dubus (ce soir-là) joue la folie avec une densité et une puissance totalement bouleversantes,  contrastant avec l’apparence d’un physique pourtant si frêle.

 

 

Cette pièce, normalement très longue, est transformée en récits à tiroirs, découpés en de multiples parcours, donnant des angles chaque fois différents au gré des déambulations des personnages. Le spectateur a le choix de voir telle ou telle scène, de se laisser emporter par l’énergie d’un comédien, de le suivre (ou non) tout au long de la pièce. Espace unique qui nous plonge dans une immersion totale.

 

 

Les jeunes devraient être séduits par cette forme participative. Les codes du théâtre traditionnel se contorsionnent, le spectateur y perd ses repères, l’expérience est envoûtante. Le théâtre continue à s’inventer.

 

 

 

 

L’œil pédagogique

Dossier à venir à la rentrée sous forme de mise en projet en réalité virtuelle pour les disciplines d’anglais, de français et d’histoire. Rencontres et ateliers possibles avec certains membres de la troupe.

Sur demande.

 

Helsingør – château d’Hamlet

Adaptation de la pièce Hamlet de William Shakespeare

À partir du 29 juin 2018, tous les vendredis à 21h, les samedis à 18h et 21h et les dimanches à 18h.

Jusqu’à fin octobre. 

Le Secret, 18 rue Larrey, 75005 Paris

 

Mise en scène Léonard Matton
Assisté de Camille Delpech
Création sonore Enzo di Meo, Clément Hubert, Claire Mahieux
Création costumes Mathilde Canonne, Antoine Rabier
Décors, lumières et accessoires A2R Compagnie

Avec dix comédiens en alternance
Roch-Antoine Albaladéjo, Dominique Bastien, Loïc Brabant, Cédric Carlier, Michel Chalmeau, Zazie Delem, Camille Delpech, Marjorie Dubus, Anthony Falkowsky, Thomas Gendronneau, Gaël Giraudeau, Jean-Loup Horwitz, Laurent Labruyère, Mathias Marty, Claire Mirande, Matthieu Protin, Jacques Poix-Terrier, Jérôme Ragon, Hervé Rey, Stanislas Roquette

Le site du Secret c’est par ici >>

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someoneShare on LinkedInPrint this page