Retours d’expérimentation : quand les Ed-teck partent à la rencontre des circassiens, aux CiamLabs d’Aix-en-Provence, les Arts du cirque se réinventent ! (Parcours avenir)

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someoneShare on LinkedInPrint this page

 Le CIAM est le centre international des Arts en mouvement. Il se situe à Aix-en-Provence. Notez l’acronyme qui indique en filigrane cette envie d’aller plus loin encore dans cette définition du nouveau cirque. Pas de doute pourtant, tout se passe bien sous chapiteau, plantant le décor d’un lieu chaleureux avec ses multiples chapeaux-chapiteaux, son paysage vallonné et ses embruns provençaux. Mais le Ciam prône l’ouverture maximale. Sous ses airs paisibles, des équipes formées pour l’occasion de cette troisième édition des CiamLabs bouillonnent autour de projets ici pétris de réalités virtuelles où entrepreneurs et artistes réfléchissent pour créer le projet connecté de demain ; pas si étonnant que cet art vivant se mette ici à ce point en mouvement… à la tête du CIAM, Chloé Béron, centralienne et ingénieure et Philippe Delcroix, entre autres co-fondateur de l’Académie Fratellini, directeur technique du Festival d’Aix…

 

Il est intéressant de noter l’évolution majeure des Arts du cirque, jusque dans son vocabulaire.

Le substantif “circassien” ne désigne en réalité que les habitants de Circassie. L’utilisation que l’on en fait pour désigner les artistes du cirque est donc pure invention et pourtant aujourd’hui passée dans le langage courant. Mais ce terme utilisé depuis une quinzaine d’années ne montre-t-il pas une volonté par la profession de se réinventer en même temps que de réinventer son art ?

Et c’est précisément cela. De Yoann Bourgeois à la Cie XY pour ne citer que ceux-là, on assiste à cette transformation, cette mutation d’un art qui sort très largement de son “lit”, pour rejoindre la mère littérature. On repousse les limites de son cercle infernal pour se réinventer jusque dans son vocabulaire. L’acrobate lui-même n’est plus entièrement. Il se hybride en une sorte de mutant mi-corps, mi-mots partageant avec tout son être ce dévoilement.

Profération du nécessaire, ces athlètes se réinventent en gestes et en mots contre-performant sans cesse cette définition bien enfermante et sans fin du « dépassement de soi », du « défi » mis entre les mains du jongleur, de l’acrobate en tout genre, remplaçant l’applaudissement compulsif par une émotion bien plus fine et plus profonde.

Avec la nouvelle génération de circassiens, le corps n’est plus seulement l’outil, il devient réflexion. Chaque discipline traditionnelle est repensée, réinventée tout en continuant à repousser les limites des lois de la physique, de la gravité et de la pesanteur. Le cirque traditionnel a perdu depuis longtemps de sa superbe, il est devenu la bête traquée du cirque Zapatta s’échappant désespérément dans le bois de Boulogne.

De ces quatre jours au Ciam et dont nous n’avons suivi que la dernière journée), nous en retenons une sorte de Hackathon transformé pour l’occasion en un “Créathon” passionnant sur la thématique du cirque augmenté et dont l’objectif est de trouver des solutions pour améliorer l’expérience du spectateur. Pour ce faire, quatre équipes se sont disputées le trophée du projet de demain et pourquoi pas la possibilité d’être accompagnée par la French Teck. Le jeu en vaut peut-être la chandelle, mais là n’est pas la finalité : l’objectif est peut-être aussi dans le fait d’arriver à se poser les bonnes questions : notre technologie actuelle pourrait-elle mieux faire connaître cet art auprès du grand public ? En quoi la réalité virtuelle et les outils numériques peuvent-ils permettre d’améliorer l’expérience-spectateur et d’attirer de nouveaux publics ? Notamment les 18-30 ans, sempiternelle interrogation des personnes engagées auprès d’un théâtre aux Relations publiques. Une fois quittée les bancs de l’école, notre jeunesse ne va ensuite plus au spectacle… Pour quelles raisons ?

Le CiamLab se place dans une perspective d’innovation et de transdisciplinarité, un laboratoire d’idées qui rassemble pendant quatre jours des étudiants et des professionnels venus d’univers totalement différents. Voici un montage en images créé pour l’occasion et racontant en quelques secondes l’aventure…

 

Nous sommes ressortis enrichis de cette observation, avec l’envie d’être plus attentifs encore aux besoins de notre public enseignant par exemple et des jeunes tout particulièrement, œuvrant encore et toujours pour cette ouverture maximale jouant et traversant toutes les frontières : pluridisciplinaires, interdisciplinaires, transdisciplinaires… Seul moyen d’arriver à faire évoluer les mentalités. Ce décloisonnement, que l’on retrouve de manière assez systématique aujourd’hui en entreprise, n’est donc pas prêt de s’arrêter. A quand l’école ?

 

 

Le Ciam, Centre international des Arts en mouvement.

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someoneShare on LinkedInPrint this page