Le 72e festival d’Avignon, un “genre” bien à lui !

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Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon, présentait au Théâtre national de Chaillot, sa 72e édition. Avons-nous à notre tour encore besoin de présenter cet artiste, auteur, traducteur, metteur en scène et comédien, capable de transformer une liste de remerciements en Novarina ? L’affiche, aux nuances de violets (mélange du bleu et du rose) met en lumière un festival qui a décidé de prôner la question du genre. Les enfants (dé-genrés ?), de la peintre Claire Tabouret, semblent nous regarder et nous interroger sur ce monde que nous leur livrons. C’est donc aussi sur ces questions des frontières, au sens politique comme au sens éthique ou biologique que ce festival nous interroge.

 

Prônant un décloisonnement total, et un éclatement des frontières, Qui Veut Le Programme ? sera à la fois présent en tant qu’organe médiatique avec son site (et bientôt magazine papier) ; et en tant qu’espaces pédagogiques et de formation, puisque nous convions une quinzaine d’enseignants entre les 18 et 21 juillet à participer à un stage organisé par l’association.

Rien que dans le In, les 395 spectacles, rencontres et débats auront de quoi nourrir la curiosité de notre groupe et du million de spectateurs qui y débarquent chaque année. Pour nous, ce sera très certainement l’occasion de nous rendre à la Maison Jean Vilar ou bien à la Nef des Images (Chapelle des Célestins) où entre les hommages rendus à Jeanne Moreau, les captations de spectacles ou d’évenements, en même temps que l’exposition de ses soixante douze affiches, l’on pourra y (re-)découvrir l’histoire du Festival.

Parmi ce pré-programme présenté ci-dessous, nous nous intéresserons tout particulièrement au Thyeste de Sénèque, mis en scène par Thomas Jolly et présenté dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes. Le spectacle sera capté par la Compagnie des Indes le 10 juillet et sera diffusé en direct sur France 2.

Il y a bien entendu les deux spectacles d’Olivier Py, l’un est Antigone joué par les prisonniers du Centre pénitentiaire d’Avignon ; l’occasion très certainement de noter une fois de plus l’actualité cinglante du texte de Sophocle dans la bouche de ces hommes privés de liberté. L’autre est Pur présentune création sous forme de trilogie à la manière d’Eschyle (dont Py en est un grand traducteur) et qui emprunte aux questions du quotidien, à travers un personnage condamné par la brutalité de son temps.

Dans les spectacles notables, nous retiendrons également la création de Gurshad Shaherman sur la crise migratoire, Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète ; pièce que nous serons tentés de mettre en regard avec la dernière oeuvre de Matéi Visniec, Migraaaants, publié aux Editions l’Œil du prince.

Sur la question de la crise écologique et du réchauffement climatique, un focus sur Arctique de la Belge Anne-Cécile Vandalem, un thriller politique sur fond de guerre climatique le tout mis en abyme par le langage cinématographique et ses techniques de projection.

Dans ces mêmes thématiques, une Phia Ménard de retour (en ce moment au Monfort Théâtre avec Os noirs) et qui aime toujours autant jouer avec les corps et la matière. Là c’était avec la glace, l’eau et la vapeur. Ici, c’est avec Saison sèche, nous serons aux prises avec un tout autre climat, tellement chaud que le mirage arrive, avec dans son sillage une figure d’étrangère qu’il faudra accueillir…

A noter également un Tartuffe (Tartiufas) très “touffu” et végétal du lituanien Oskaras Koršunovas. Pièce qui résonne d’autant plus fort cette année avec les retentissantes affaires Weinstein et Ramadan.

Impossible de passer à côté de Pale Blue Dot, une histoire de Wikileaks (Etienne Gaudillère) qui traite de la question des “Fake news”, véritable problème de société notamment chez les jeunes qui prennent bien souvent les différentes théories du complot et autres nouvelles médiatiques pour argent comptant.

A ne pas louper également les “Sujets à vif” de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) où chaque année, le Festival d’Avignon orchestre des rencontres en plein air entre deux artistes de discipline différente. Ces rencontres donnent lieu à des spectacles créés sur le vif, alliant le geste, les mots, l’espace et les sons. Attention, cette année, entre autres, présence de Mériem Ménant et de son personnage Emma la Clown !

Mais dans cette liste pas du tout exhaustive, n’oublions pas Chloé Dabert et son Iphigénie, les lauréats du festival Impatience, le Collectif les Bâtards dorés et leur spectacle Méduse

Nous reviendrons avant juillet sur une proposition de parcours concocté pour l’occasion. En attendant, en voici le pré-programme…

 

 

72e Festival (In) d’Avignon

Du 6 au 24 juillet 2018

Renseignements sur :

>>festival-avignon

 

 

 

 

 

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