#Théâtre de la Bastille: une « gageure » Bovary réussie ! (dès 13 ans en famille et classes de lycée)

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« Dès lors, Madame Bovary – une gageure, une vraie gageure, un pari, comme toutes les œuvres d’art – était créée. »*

Qui ne connaîtrait pas Bovary ou les minutes du procès intenté à Flaubert entre janvier et février 1857, en aurait une vision limpide par la représentation qu’en font les comédiens de Tiago Rodrigues. Certes cette pièce ne vient pas tout juste d’être créée, mais qu’importe, comment résister ? C’est en ce moment au Théâtre de la Bastille.

 

 

Sur un plateau sobrement meublé de panneaux troués de drôles et étranges cylindres de métal, de quelques tabourets et d’une escabelle – plateau parsemé de feuillets rappelant l’âpre composition de Mme Bovary et ce qu’il en coûta à Flaubert – les cinq comédiens jouent : tour à tour, le procureur impérial Pinard – merveilleuse Ruth Vega Fernandes -, l’avocat de l’écrivain, Maître Jules Sénart – très convaincant David Geselson -, Flaubert lui-même et les personnages de son roman. Ils ont du souffle et rendent, s’il en était besoin, ses lettres de noblesse à l’œuvre de « l’homme-plume », Flaubert, et non « Faubert », comme le scande avec malice le comédien, Mathieu Boisliveau, bien campé dans son rôle.

 

 

C’est avec très grand respect et le souci de faire comprendre le texte flaubertien et ses enjeux mais aussi avec beaucoup d’humour que nous sont contées l’histoire d’Emma et ses turpitudes. Emma, interprétée par Alma Palacios, dont la juvénile fougue enlumine le personnage, Emma, qui, selon le dernier mot de Charles, très finement incarné par Grégoire Monsaingeon, nous survivra, pour notre plus grande satisfaction, même si nous est rappelée, pour l’occasion, notre propre destinée funeste.

C’est là une belle conclusion et une heureuse idée que d’humaniser le personnage de papier, en le faisant sortir du cadre romanesque pour apostropher le public. C’est aussi, peut-être, une clôture plus optimiste que celle du Maître qui laissait le dernier mot à Homais et à sa Croix d’honneur.

Une conviction anime en tout cas l’équipe de Tiago Rodrigues, toujours attentif au texte, celle que la littérature nous aide à vivre, à choisir notre destin et, du coup, à mourir. Belle apologie de l’œuvre littéraire et de la liberté !

Ne manquez pas ce rendez-vous.

 

L’œil pédagogique

La classe de 1ère est naturellement concernée, après avoir lu le roman et quelques bribes de la Correspondance de Flaubert (voir en ligne l’édition électronique de La Correspondance de Flaubert par l’Université de Rouen). Il serait bien également de présenter le procès intenté en même temps qu’une mise en contexte : le Second Empire est l’année de trois procès retentissants, ceux de Flaubert, de Baudelaire et d’Eugène Sue. Le dossier publié sur le site du Théâtre de la Bastille est également à consulter ainsi que “La minute pédagogique” publiée sur le site de Théâtre contemporaine.net. 

 

*Charles Baudelaire, Madame Bovary par Gustave Flaubert (in L’Artiste, 18 octobre 1857). 

 

Bovary

Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues. 

D’après le roman Madame Bovary de Gustave Flaubert et le procès Flaubert.

Traduction française Thomas Resendes.

Du 01 au 28 MARS au Théâtre de la Bastille.

(du 01 au 17 mars 20h ; du 19 au 28 mars 21h/relâche les dimanches). 

ET

Du 3 au 6 AVRIL à la Maison de la Culture de Bourges (MCB). 

 

Avec : Mathieu Boisliveau, David Geselson, Grégoire Monsaingeon, Alma Palacios et Ruth Vega Fernandez.

Lumières : Nuno Meira.

Scénographie et costumes : Ângela Rocha.

Construction décor : Marion Abeille.

Production déléguée Théâtre de la Bastille Coproduction Teatro Nacional D. Maria II, Arts 276, Centre dramatique national de Normandie – Rouen, Comédie de Béthune – Centre dramatique national Nord Pas-de-Calais et Théâtre Garonne – Scène européenne – Toulouse Avec le soutien d’O Espaço do Tempo (Montemor-O-Novo), de l’Ambassade du Portugal en France, du Centre culturel Camões et de la Fondation Calouste Gulbenkian.

Le texte de la pièce est édité aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.

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