#Je suis la bête (dès le début du cycle 4) : une expérience sonore viscérale sur le thème de l’enfant sauvage. Une plongée au cœur de l’animalité humaine

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La nouvelle création de la compagnie (Mic)zzaj, “Je suis la bête” place génialement le spectateur au cœur du roman éponyme d’Anne Sibran*. Le public, assis au plateau, est entouré par cinq créateurs de sons et de lumières : cinq interprètes fins et poétiques. Les sons créés sont équitablement répartis dans tout le public grâce à un ingénieux système de son ambisonique : où que l’on soit, on partage le même spectacle musical ! Voici un “concert narratif en immersion” envoûtant et magistral mis en scène par Pierre Bardaroux. 

 

Au centre du plateau Odja Llorca se tient prête, tout près d’un micro qui se tord telle une liane. Elle est à l’affût des mots qu’elle nous fait puissamment ressentir pour recréer l’histoire de cette enfant abandonnée à deux ans en forêt, dans le placard d’une maison “sans chemin ni personne”. Cette enfant sauvage va grandir-s’ensauvager sous nos yeux, jusqu’à retrouver les humains… au creux de nos oreilles !

Assis sur un moelleux coussin, chaque spectateur est traversé de bruits, de sons, de voix, qui tour à tour caressent, dérangent, attirent. Au cœur de ce dispositif sonore original et subjugué par l’interprétation juste, viscérale et sans fard de la comédienne, le public est poussé à réfléchir, à interroger son animalité, son éducation, ses préjugés comportementaux.

 

Le portait chinois (par Pierre Badaroux)

Si c’était un plat cuisiné ?

Oh la la ! Si mon travail de créateur était un plat cuisiné… Il est clair que ce serait quelque chose d’élaboré, pas une recette simple. Elle marierait des goûts différents, sucré-salé ou des épices intenses ! Une cuisine élaborée, mais je précise populaire !

Si c’était une couleur ?

Une couleur vive !

Si c’était un instrument ? 

La contrebasse.

Si c’était un végétal ?

Un arbre ! Un bel et grand arbre, un vieux chêne, avec un peu de tranquillité, de sagesse et de poésie.

 

L’entretien avec Pierre Badaroux

Pierre Badaroux, comment choisissez-vous les textes que vous adaptez ? Sont-ce les thèmes ou plutôt les univers sonores qui vous inspirent ?

Je vais vous faire une réponse de normands et je vais vous dire les deux. Et ça dépend des moments. Ce sont plutôt des questions de rencontres avec un texte et d’histoires humaines. Pour Danbé on avait travaillé un trio constitué d’Olivia Kryger, de Laurent Sellier – avec qui on avait créé les concerts sous casques, et moi-même. On avait adapté un texte jeunesse “L’histoire  de Clara”(dont on a fait notre premier concert sous casque), qui était une histoire autour de la France de la seconde guerre mondiale, la question de la déportation, des enfants cachés, et du coup, une photographie de la France de la seconde guerre mondiale.

Quand on a rencontré Danbé ce texte nous a passionné, pour plusieurs raisons : parce que c’est un récit à la première personne. C’est aussi une photographie sociale et historique mais trente ans plus tard. Et on s’est dit que cela constituait une suite. Et cette chaîne historique, documentaire et sensible nous tentait. Donc on a continué dans ce sens.

Alors que pour “Je suis la bête”, c’est vraiment le texte et son caractère poétique et sonore qui m’ont donné envie d’en faire un spectacle. Contrairement à Danbé qui n’a pas en soi de caractère sonore particulier.

Vos interprètes centrales sont le plus souvent des femmes (c’était le cas de “Clara”, “Danbé”, “Je suis la bête”) : pour quelle(s) raison(s) ? 

C’est purement le hasard, vraiment. Il n’y a pas eu de volonté de féminiser par exemple le propos de la narration par exemple, alors que la musique serait portée par des hommes. Non c’est purement le hasard. Il se trouve que pour notre première collaboration avec Olivia [Kryger], c’est elle qui avait rencontré le texte L’histoire de Clara et cela tombait bien ou plutôt c’est elle qui l’avait choisi et comme c’était une petite fille, elle avait cette possibilité et pouvait l’incarner. Pour Danbé, le personnage principal est une jeune femme du nom de Aya, elle est noire, ce qui n’est pas le cas d’Olivia. Cela n’a pas d’importance. C’est l’interprétation qui compte. Je pense néanmoins que c’est plus facile pour une comédienne de porter le récit autobiographique d’une femme, bien qu’on puisse imaginer le contraire. Quant à Je suis la bête, c’est d’abord le texte d’une auteure qui a inventé un personnage féminin. C’est le hasard et il n’y a pas là de volonté particulière.

Quel rapport entretenez-vous avec les auteurs des textes originaux qui vous ont inspirés ?

Dans la mesure où les auteurs sont désireux de cette collaboration, on entretient une bonne relation. Après chaque auteur est différent, il y a des auteurs qui sont très investis, d’autres pas du tout. Nous sommes d’abord dans une relation de respect, parce que nous sommes avant tout émus par un texte. Et c’est ce texte (et l’émotion qu’il produit) qui nous donne envie d’aller vers une création. Dans cette mesure, je vais toujours voir un auteur avec l’envie de porter son travail d’une manière singulière, de façon musicale et sonore, d’en faire un spectacle vivant et j’ai d’abord envie qu’il adhère à ce projet, qu’il soit sensible à cela. Globalement je pense que les auteurs sont sensibles au fait que l’on s’intéresse à leur travail. Après, comme dans toute création, il y a des individus plus faciles que d’autres, et selon, la relation se tisse plus ou moins bien.

Interviennent-ils pendant les répétitions ? Reçoivent-ils simplement le spectacle à la générale ? Est-ce que certains ne viennent pas vous voir du tout ? Quel est le suivi ?

On n’a jamais eu un projet où les auteurs sont venus voir notre travail de création, jamais. Ça a toujours été “on découvre ce que vous en avez fait, une fois que c’est fait”. Et je pense que c’est beaucoup mieux comme ça parce que pour l’auteur il y aurait, obligatoirement enfin naturellement je pense, une perception différente de la nôtre, il chercherait à intervenir et je ne pense pas que cela serait très très bien. Donc je préfère qu’il n’intervienne pas. Et jusqu’à maintenant cela s’est toujours passé comme ça : aucun auteur n’est intervenu sur notre travail et chacun l’a découvert au moment de la création.

Comment rêvez-vous votre adaptation sonore ? Comment dosez-vous les outils à votre disposition : voix humaine, instruments classiques, sons électroniques, bruits réels captés ? Quel compositeur, quel magicien êtes-vous ?

L’idée pour moi… – j’ai déjà employé cette expression mais elle me paraît assez juste pour définir mon travail – j’ai tendance à me laisser impressionner, au sens quasi photographique du terme, par le récit ou la proposition quelle qu’elle soit. Une fois impressionné, je re-propose mon propre récit musical et sonore. Pour moi cette démarche est importante parce que je ne propose pas un accompagnement à un texte, j’écris quelque chose qui se suffit à lui-même, et qui a le même sens. J’ai le sentiment d’écrire un récit parallèle. Evidemment si on l’écoutait seul, on aurait un autre sentiment, on n’aurait pas le sentiment de lire Danbé ou de lire Je suis la bête, mais j’ai bien l’idée de tracer un chemin parallèle, à la fois automne, parallèle et qui raconte avec son propre langage la même chose.

Ensuite l’équilibre entre la musique instrumentale, la voix, l’électro-acoustique – sachant qu’il y a plusieurs niveaux : les sons abstraits, les paysages sonores – ça c’est vraiment du travail de cuisinier ! Je mets par-ci par-là un ingrédient de plus, de moins et je regarde ma forme globale. Si j’ai le sentiment d’avoir beaucoup écrit à un endroit, je ré-équilibre à tel autre et ainsi de suite.

Sur Danbé par exemple, les instruments sont assez marqués : le ukulélé, c’est vraiment le père. Aya c’est quand même beaucoup plus la contrebasse : dans la boxe, dans le rapport avec sa mère. Il y a comme ça des marquages bien plus précis. La basse électrique on la retrouve beaucoup autour de la mère. J’associe un instrument à un caractère ou à une situation. Dans Je suis la bête pour moi le violoncelle et la contrebasse sont un peu deux arbres de la forêt, ils sont le chant de la foret, clairement. Et j’ai assigné à l’électro-acoustique un rôle radicalement différent : celui des paysages sonores, des sons abstraits qui constituent l’atmosphère de la forêt. Quand on a besoin de décrire une situation, c’est généralement un élément du réel, que l’on transforme, qui vient signifier un sentiment, par exemple : la goutte d’eau dans le seau qui nous rappelle la solitude. Du coup, on n’est pas tellement dans une sonographie d’une situation, mais plutôt dans un son qui nous raconte qu’on est dans un moment d’extrême solitude.

Travaillez-vous la composition “au plateau”?, comme il y a des interprètes toujours présents sur scène, ajustez-vous, adaptez-vous la partition à ce qui se passe en répétitions ? Ou la partition est-elle écrite en amont et doit-elle être respecté par les interprètes ?

Non, non : il y a une énorme écriture au plateau. Autant j’écris la musique instrumentale à la maison. C’est long. Je peux malaxer une partie, un chapitre pendant un mois, jusqu’à ce que j’ai trouvé ce que je veux dire, ce que je veux en faire. Et l’électro-acoustique, soit je la pense avant en amont, et j’arrive avec des propositions sonores. Soit, comme dans le cas de Danbé, de Je suis la bête, de L’histoire de Clara et même dans le cas d’un autre spectacle qu’on avait fait (Climax), j’arrive en décrivant des choses, je raconte où je veux aller, éventuellement avec des sons, et, ensemble, chacun fabrique ces objets sonores.

Pouvez-vous évoquer le rôle et les outils de chacun, dans le dispositif de son ambisonique, l’interaction de chaque interprète avec le dispositif, que vous avez conçu pour “Je suis la bête” ?

Le dispositif ambisonique encore une fois c’est une rencontre, comme souvent dans le monde du spectacle. J’ai rencontré un ingénieur du son qui m’a parlé de cette technologie-là, qui est une vieille technologie finalement, qui existe depuis les années soixante-dix. Cette technologie a été très peu utilisée. Elle revient à la mode avec l’apparition de la réalité virtuelle. Donc je me suis intéressé à ça, c’était pour moi le moyen de sortir du casque : on avait déjà fait deux spectacles sous casques. Et par ailleurs j’en prépare un nouveau qui sera plus poétique, plus musical moins narratif. Du coup avec ce système sonore englobant, immersif, que l’on pourrait qualifier de 3D sonore… je retrouvais mon immersion. Donc je me suis intéressé à ça, j’ai essayé de voir comment cela pouvait s’utiliser avec un spectacle.

Je crois que cela interagit pour nous musiciens et pour la comédienne dans la mesure où l’on est plongés dans ce son au même titre que les spectateurs… Et on a le besoin d’être plongés dedans. Par exemple pour la comédienne, du point de vue de l’émission du son, cela ne joue pas du tout. Elle se nourrit, elle joue, avec les sons qu’elle entend, qui viennent du système de son ambisonique. Sa voix sort de six endroits différents et c’est tout.

Il n’y a pas de “retours” pour elle (comme pour les chanteurs) ?

Il n’y a pas vraiment de “retours”, mais il y a un retour dans la mesure où clairement ce que je fabrique, je le vois au plateau c’est comme cela que ça se passe : la musique instrumentale agit sur le texte, sur l’électro-acoustique, le texte agit sur la musique instrumentale et la musique électro-acoustique, et l’électro-acoustique agit sur la musique instrumentale et le texte. Donc la partition de chacun, qui est dense, interagit clairement avec chaque interprète. J’en ai pour preuve la difficulté de mettre en place une spectacle comme Je suis la bête ou Danbé. Tout se croise tellement, que la difficulté est d’exister sans se gêner. C’est un peu si là, nous procédons à un dialogue en parlant l’un après l’autre, et bien, nous devions parler en même temps, tout en ayant un discours intéressant et en nous écoutant l’un l’autre. C’est extrêmement difficile. La seule chose qui le permet finalement, c’est que nous ne parlons pas vraiment la même langue : il y a la langue des musiciens avec des notes, une langue de paysages sonores, de sons abstraits puis la langue narrative. Cependant j’ai bien conscience que cela produit quelque chose d’assez singulier que le cerveau humain, l’oreille humaine ne peut écouter l’ensemble en même temps. Naturellement on va chercher quelque chose et pour cela on lâche peut-être une partie du récit. Peut-être qu’on lâche la musique à certains moments,  peut-être qu ‘à d’autres moments encore on lâche le récit narratif. Mais je crois que cela n’a pas beaucoup d’importance. L’idée c’est de créer un objet, constitué de plusieurs éléments, qui produit du rêve, qui produit de l’abandon, qui propose justement plus de percevoir et de sentir les choses, plus que d’avoir besoin de les comprendre dans une compréhension fine : c’est plus sensoriel !

Est-ce que vous diriez que la Compagnie (Mic)zzaj propose tout autant une expérience sensorielle, qu’une expérience citoyenne ? Les thèmes abordés sont très marqués, porteurs, citoyen… Il y a-t’il une volonté dans votre discours de porter , de transmettre ce genre de propos ?

Oui, c’est indéniable qu’avec L’histoire de Clara, Danbé, qu’avec Climax (concert documentaire sur la question climatique) ; je trouve un peu moins avec Je suis la bête qui est quand même plus poétique, même si il y a une dimension sociale forte, peut-être moins frontale. La dimension poétique donne plus de distance avec ces questions d’humanité, d’animalité, de la façon dont on accueille l’autre, l’enfant. Dans Je suis la bête, il y a aussi la question du rapport à la Nature, mais celui-ci plus poétisé. Dans Climax j’abordais la question du changement climatique du point vue du documentaire et d’une question purement scientifique. Effectivement je me sens engagé en tant que citoyen. En tout cas, je pense que les artistes peuvent donner à entendre, à comprendre, le monde et la façon dont il fonctionne, différemment. Ni mieux, ni moins bien, mais différemment. Ce qui est intéressant, c’est que les êtres humains sont ainsi faits que chacun est touché d’une façon différente par un même sujet. Donc la question de la place d’une jeune femme française d’origine immigrée dans la société, et cette question en général, va être comprise, va toucher un certain nombre de gens par la forme spectacle, d’autres par la forme de livre, d’autres par la forme documentaire cinématographique et ainsi de suite. Je pense que changer d’angle, proposer la lecture d’un même sujet mais avec des facilités différentes et un angle différent, me paraît essentiel. En tant qu’artiste, ce qui est certain, c’est que  je peux œuvrer la-dessus.

 

L’œil pédagogique

Bien entendu, le thème de l’enfant sauvage ainsi que celui de l’éducation font résonner Marivaux et Rousseau, en Français, E.M.C. et Philosophie.

Bien entendu, l’ingénieux dispositif sonore sera très inspirant en Musique et Sciences Physiques pour les programmes de collège et notamment dans les nouveaux programmes en Sciences physiques (à venir très prochainement sur notre plateforme une brique sur le son.)

Mais pour une fois c’est aussi à propos de la pédagogie à adopter afin de bien vivre la représentation, qui sera le cœur de cette rubrique. Nous conseillons fortement de voir ce spectacle durant les représentations “tout public” et de disperser les élèves en petits groupes dans la salle.

En effet, le concept de ce formidable spectacle demande à chacun de se laisser aller à visualiser ce qu’il entend (un beau travail sur l’image mental est à faire) et permet beaucoup de liberté physique dans la salle. Il semble donc primordial de tenter de créer l’espace individuel et immersif de chacun.

Cette représentation serait également l’occasion de rappeler à tous que ce sont “des êtres vivants” qui partagent, livrent, cette histoire devant nous et que si chacun est libre d’être touché ou non, il faut au moins ne pas perturber les interprètes. Un atelier matinal mettant en jeu les futurs spectateurs, pourrait être une expérience productive (par la compagnie, mais aussi par l’ANRAT ou la MGI).

En cas de représentation scolaire, nous recommandons que le professeur soit accompagné de plusieurs personnes et qu’ils se répartissent, non pas uniquement autour du cercle formé par les spectateurs, mais bien au milieu des élèves. Cette répartition permettra plus facilement de gérer les ” phénomènes” de groupe.

A réfléchir également : les élèves doivent-ils avoir lu le livre ? Avoir échangé autour des thématiques évoquées, en amont de la représentation ? Nous pensons que oui, au moins pour la deuxième question. Des briques pédagogiques sont en préparation pour la rentrée prochaine. Ce spectacle fait partie des projets retenus.

 

Je suis la bête

*D’après le roman d’Anne Sibran, éd. Gallimard, collection “Haute Enfance”, 2007, 13€90. (Nous regrettons qu’il n’y ait pas eu une sortie poche pour ce roman, inaccessible en l’état pour les scolaires).

Prochaine représentation :

27 février, 14h et 20h15. Gradignan (33) – Théâtre des Quatre Saisons, scène conventionnée.

D’autres représentations annoncées pour la saison 18-19.

Conception et composition musicale : Pierre Badaroux.
Création sonore : Pierre Badaroux et Vivien Trelcat.
Collaborateur à la mise en scène : Philipp Weissert.
Scénographie : Barbara Kraft.
Création lumière : Nicolas Barraud.
Dispositif ambisonique : Vivien Trelcat.

Avec Odja Llorca, voix / Pierre Badaroux, contrebasse et électroacoustique / Didier Petit, violoncelle /Vivien Trelcat, électroacoustique / Virginie Watrinet, régie générale et lumière / Jean-Pierre Cohen, régie son.
Avec les voix de Philipp Weissert, Odja Llorca, Clémentine, Anna et Pierre Badaroux.

Coproduction : le Dôme Théâtre – Scène conventionnée d’Albertville, le Théâtre Nouvelle Génération -CDN de Lyon, La Méridienne – Scène conventionnée de Lunéville, le Théâtre des Quatre Saisons – Scèneconventionnée de Gradignan, le Théâtre d’Aurillac – Scène conventionnée, la Communauté d’Agglomération.
Pays Basque, la Communauté de communes Coeur de Tarentaise.

Avec le soutien de Scènes et Territoires, l’Espace Malraux – Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, La Chartreuse – CNES de Villeneuve lez Avignon, le CENTQUATRE-PARIS, l’Apostrophe- Scène nationale de Cergy, l’Espace Georges Simenon – Rosny-sous-Bois, Fontenay-en-Scènes -Fontenay-sous-Bois, les Arts Improvisés.

“Je suis la bête” a reçu l’aide à la création de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le soutien de la SPEDIDAM.

Compagnie (Mic)zzaj

Création Novembre 2017.

Pour tout public à partir de 11 ans. Durée : 1h15. 

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