# Reprise, Théâtre de la Ville, « Chotto Desh » (dès le cycle 2, sans limite d’âge) : Il était une fois Akram Khan et son double, le solo autobiographique fantastique et rêveur du garçon qui voulait devenir danseur

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Pour quelques jours encore, puis en tournée, la Compagnie Akram Kahn reprend au Théâtre de la Ville “Chotto Desh”, un petit bijou chorégraphique et autobiographique qui part sur les traces d’un jeune homme en quête d’identité. Alternant réalisme et poésie, Akram Khan et son double au plateau (en alternance les danseurs de la compagnie Dennis Alamanos ou Nicolas Ricchini) évoquent avec tendresse l’enfance du chorégraphe. Une dimension pédagogique interdisciplinaire indéniable et saupoudrée de conte, d’histoire des migrations, d’identité et des nouvelles technologies. A voir ou à revoir, en famille ou avec sa classe.

 

Difficile de s’affirmer et de convaincre un père (qui a immigré à Londres depuis le Bangladesh) que son fils ne reprendra pas l’entreprise familiale. Ce jeune garçon en quête d’identité veut à tout prix danser. Mais trouver sa voie, imposer ses rêves n’est pas toujours chose aisée. De Michael Jackson au hip hop en passant par la tradition Kathak*, les époques et les styles se télescopent pour s’absorber finalement dans un enchaînement de mouvements, simples, fluides et légers. Les adjectifs ne manquent pas.

S’il n’y avait que cela… le chorégraphe danse avec l’enfance en mettant en scène, grâce aux nouvelles technologies, le conte “Le Tigre et le miel**”, inspiré des mythes musulmans et hindouistes. Son récit, porté par la voix chaude et rassurante de la mère, devient central. Tel le petit garçon qui vit le conte raconté par un tiers, le danseur est aspiré à l’intérieur, comme le spectateur en est littéralement envouté, transbahuté dans le monde poético – fantastique du designer-décorateur Timmy Yip (le même qui a notamment réalisé tous les décors et costumes de Tigre et dragon d’Ang Lee et des Trois Royaumes de John Woo), doublé d’animations visuelles.

Nous ne tarissons pas d’éloges pour ce bijou chorégraphique où l’on y découvre tout à la fois la magie du conte et de la danse que Akram Kahn ouvre au tout public dans ce chassé-croisé onirique entre Orient et Occident.

Aujourd’hui Akram Kahn et sa compagnie dansent sur toutes les scènes du monde. Même si le rêve est devenu réalité depuis plus de quinze ans , il n’en reste pas moins une aventure fantastique qui continue et ne s’arrête surtout pas. On attend avec impatience Xenos, la prochaine création qui explore le mythe de Prométhée à travers l’expérience d’un soldat des colonies d’Inde pendant la Première Guerre mondiale, dont la première se jouera le 21 février 2018, à Athènes… Vivement en France !

 

L’œil pédagogique

Outre le fait que le conte comme l’aspect autobiographique peuvent largement être repris en cycles 3 et 4 selon les besoins des programmes de français, il serait intéressant en arts plastiques de faire par exemple travailler les élèves sur le logiciel d’animation (open source) “Wakatoon”. Et pourquoi ne pas croiser en histoire et EMC avec une réflexion sur l’immigration et l’identité des peuples.

 

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*Pour aller plus loin..

Le mot « Kathak» signifie conteur et trouve son origine dans le mot sanscrit « katha » : histoire, ou art de raconter une histoire. Le Nord de l’Inde connaissait autrefois de nombreuses communautés de conteurs. Celle des Kathak ou Kathakars incorpora peu à peu danse, mime et musique dans ses représentations. L’expression « Katha Kahe so Kathak » signifie que quiconque raconte une histoire, en dansant et chantant est un Katha.
L’art Khatak s’est fixé dans trois écoles de styles différents mais qui continuent de s’influencer mutuellement.
La Jaipur, où l’accent est mis sur les tours et les rythmes des pieds.
La Lucknow, où ce sont les expressions des émotions, la finesse des gestes et du mime qui sont mis en évidence.
La Banaras, où prédominent les vigoureux martellements de pieds, les improvisations de virtuosité rythmique dans les dialogues avec les percussions.
La technique
Tatkar : frappes de pieds, «footwork» rythmique rapide réglé sur un cycle complexe de temps
Bhramaris : pirouettes rapides
Abhinaya : poétique d’expression
Mudras : langage gestuel des mains
Avec beaucoup d’importance accordée aux rythmes, la danse se construit autour de paroles rythmiques (bols) et sont récitées par le danseur avant qu’il ne les interprète avec les frappes de pieds et ses 200 clochettes autour des chevilles. La représentation est donc un dialogue virtuose entre le percussionniste et le danseur. L’orchestre est souvent complété par le sitar ou le sarod qui est assez similaire, le sarangi, le dilruba ou l’esraj, l’harmonium, la flûte de bambou bansuri et d’autres encore.

Deux dossiers pédagogiques intéressants :

Celui du Théâtre de la Ville de concert avec la Maison de la Danse réalisé par Séverine Allorent, professeur relais.

Et celui-ci très différent réalisé dans le cadre de la Biennale de la danse.
** Parmi les nombreux liens qui y sont indiqués, à noter celui du conte central raconté par la mère pendant le spectacle :
Le Tigre de Miel, de Karthika Nair et Joëlle Jolivet, paru  en 2013 chez Actes Sud.
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Direction artistique et chorégraphie : Akram Khan.
Mise en scène et adaptation : Sue Buckmaster.
Avec en alternance : Dennis Alamanos, Nicolas Ricchini.

Réservation au Théâtre de la Ville

Réservations : 01.42.74.22.77.

En tournée :

  • 26 – 27 novembre 2017, Centre des Arts d’Enghien-les-Bains (95).

  • 29 – 30 novembre 2017, Association Bourguignonne Culturelle (Dijon, 21).

  • 6 – 9 décembre 2017, Maison de la Danse (Lyon, 69).

 

Musique : Jocelyn Pook.
Lumières : Guy Hoare.
Histoire : Karthika Naïr, Sue Buckmaster, Akram Khan.

Conception visuelle : Tim Yip.
Animation visuelle : Yeast Culture.
Costumes : Kimie Nakano.
Son : Alex Stein.

Production
Claire Cunningham pour AKCT
Coproduction
MOKO Dance / Akram Khan Company / Sadler’s Wells London / DanceEast, Ipswich / Théâtre de la Ville, Paris / Biennale de la danse de Lyon 2016 / Mercat de les Flors, Barcelone / Stratford Circus Arts Centre, avec le soutien de Arts Council England Akram Khan Company est représentée par Sarah Ford / Quaternaire.

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