“La Danse” virtuose de Jean Alibert et Hélène Theunissen, dans un amour à mort de Strindberg… au Théâtre de la Reine Blanche (Lycée)

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La Reine Blanche accueille “La Danse de mort” d’August Strindberg dans une mise en scène de Stuart Seide. La pièce est certes un peu ardue pour des lycéens. Mais les plus expérimentés pourront s’y frotter, au moins pour entendre deux stradivarius du théâtre : Jean Alibert et Hélène Theunissen, et tenter de comprendre les ressorts psychologiques qui se trament dans ce couple.

 

La scénographie est épurée, volontairement imagine-t-on, pour que ces virtuoses de la scène y déploient leur jeu et révèlent le drame qui s’y joue : en guise de noce d’argent, le couple finissant, Edgard et Alice, se mène une guerre sans relâche qui les conduit sur le fil tour à tour tendu et détendu d’un amour éculé, flirtant, rusant, bataillant (souvent avec délectation et manipulation) avec la mort.

Cette escarmouche – plus souvent psychologique que physique – monte peu à peu dans un crescendo saisissant… vers quoi au juste ? Un drame ? Une farce ? Dans ce combat où la règle n’existe plus, le rire change de couleur, mi-figue mi-raisin, il résonne comme il peut dans cet intérieur calfeutré, joue avec les frontières, se balance d’un extrême à l’autre, accentuant le flou, déformant le jeu des personnages et gommant progressivement les repères habituels pour nous faire basculer dans ce que Charcot aurait peut-être appelé “hystérie”, “folie”, ou tout du moins un joli “cabinet de curiosités”… Les apparitions d’un troisième personnage (Pierre Baux dans le rôle de l’amant-ami et Karin Palmieri, courte apparition efficace et saisissante dans le rôle de la “bonne”), ne sont que le troisième larron du couple, la béquille qu’ils tordent jusqu’à brisure totale, la catharsis de toutes leurs passions, un peu comme cet animal-martyr défilant lors des fêtes dionysiaques… une manière (peut-être ?) de combattre les solitudes et la mort (du couple) qui en découle.

 

L’œil pédagogique

Pour les lycéens, la photographie de ce couple pourra peut-être paraître jaunie et en même temps surprenante. Aux professeurs de philosophie d’aller y chercher un appui fort pour parler de la folie et des premiers travaux de psychanalyse. Les élèves pourraient aussi partir d’une phrase de Démocrite qui dit : « Le Soleil ni la Mort ne peuvent se regarder en face ». Il est intéressant de voir qu’un trop-plein de lucidité d’Edgard le fige par moment au point de le rendre mutique et amnésique.

La Danse de mort

Texte : August Strindberg.
Traduction : Terje Sinding.

Du 27 septembre au 29 octobre 2017.
Du mercredi au samedi à 20 h 45, dimanche à 15 h 30.
Théâtre La Reine Blanche, Grande Salle, Paris 18e.

Réservations : 01 40 05 06 96.
>> reineblanche.com

 

Mise en scène : Stuart Seide.
Assistante mise en scène : Karin Palmieri.
Avec : Jean Alibert, Pierre Baux, Karin Palmieri, Hélène Theunissen.
Scénographie : Angeline Croissant.
Lumière : Jean-Pascal Pracht.
Son : Marc Bretonniére.
Costumes : Sophie Schaal.
Coiffures et maquillages : Catherine Nicolas.
Régie générale/Peintre décorateur/Accessoires : Ladislas Rouge.
Compagnie C/T Stuart Seide.
Durée : 1 h 40.

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