# Reprise de “Mme Klein” (lycée) : les poupées russes de l’interprétation ou la tempête des émotions sur le divan… familial !

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Brigitte Jaques-Wajeman révèle avec force et finesse l’histoire monstrueuse et moderne d’une innovatrice de la psychanalyse, Mme Klein, au cœur des années 30, entre psychanalyse et montée de l’antisémitisme : l’âme au scalpel de trois femmes résolument modernes ! Un conflit mère-fille à couteaux tirés, à découvrir avec les lycéens au Théâtre de la Ville-Abbesses, du 04  au 20 octobre à 20H30.

 

Le Portrait chinois

Si c’était une  matière?                                                                                            

Le velours : giron accueillant de la tempête des émotions.

Si c’était une musique ?                                                                                         

Le silence destructeur des non-dits.

Si c’était un végétal ?

Le tabac. Apanage d’une époque, d’une libération, d’une rage intérieure.

 

L’œil

C’est d’abord une pièce d’une belle facture classique qui s’offre à nous. Cette nuit où une mère apprend la mort de son fils, cette nuit où le conflit mère-fille éclate, cette nuit entre All about Eve de J.L. Mankiewicz et les figures mythiques de Médée et Electre chez une influente psychanalyste des années 30 ! La facture classique n’est donc qu’une apparence, comme la première poupée de la matriochka…

Au fil de l’écriture, Nicholas Wright (l’auteur) délivre les passions monstrueuses de la famille de la psychanalyste Mélanie Klein. Cet auteur de langue anglaise a été également adaptateur et par conséquent interprète d’Ibsen et Tchekhov (notamment). François Regnault le traduit habilement, Brigitte Jaques-Wajeman y mêle son œil affûté, devenant donc à leur tour interprètes ! Nous sommes donc plongés dans la matriochka de l’interprétation ! Aux frontières entre la psychanalyse et le théâtre, comme entre le théâtre et la vie.

Le jeu dense, précis et fort des trois comédiennes, Marie-Armelle Deguy, Sarah Le Picard et Clémentine Verdier, nous emporte avec émotion ; une fois l’intrigue et ses enjeux exposés. On retrouve alors l’art de Brigitte Jaques-Wajeman et l’empreinte d’Antoine Vitez.

Le plateau plante l’intérieur d’un salon bourgeois avec les traces de son quotidien (machine à écrire au bureau, jeux en bois des patients au sol). Les empreintes du passé et de ses spectres se font ressentir. Un immense rideau de velours vert évoque, selon son degré d’ouverture, le monde extérieur et donne à ressentir les lumières ou tourments intérieurs… élément scénographique particulièrement émouvant et juste. Mme Klein interroge sur le poids de l’héritage. Et cette question récurrente revient comme un boomerang, dont le questionnement s’emboîte comme une véritable poupée russe !

A la sortie, on pouvait entendre les lycéens s’interroger avec amusement sur leurs parents et sur la pertinence de la psychanalyse aujourd’hui. Mais le plus important, reste qu’ils semblaient emportés dans la tempête des passions présentes au cœur de la pièce !

 

Pistes pédagogiques de la Rédaction

Mme Klein, permettra d’aborder, en Histoire et E.M.C,. l’histoire de l’émancipation des femmes et des migrations, ainsi que les thèmes de la discrimination. La question des frontières entre la psychanalyse, le théâtre et la vie et ses passions, pourra également être une piste de réflexion, de débat. En Sciences et en Philo, la naissance et l’évolution de la psychanalyse pourra être une entrée.

En Français les échos qu’évoquent ce texte (Les Trois Sœurs, Médée, All about Eve…), pourront être développés, ainsi que la question de l’interprétation et de la traduction.

 

 

Mme KLEIN

Théâtre de la Ville 

THÉÂTRE DES ABBESSES – 31 rue des Abbesses Paris 18

04- 20 Octobre 2017, 20h30 (Dimanche 15h)

Et à suivre en tournée :

7 novembre MA, Scène nationale de Montbéliard.
1er décembre Théâtre de Fontainebleau.
14 décembre Les Treize Arches, Brive.
24 au 26 janvier Comédie de Béthune.

Texte : Nicholas Wright.
Traduction : François Regnault (éditions du Seuil).
Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman.
Scénographie & costumes : Emmanuel Peduzzi.
Lumières : Nicolas Faucheux.
Accessoires : Franck Lagaroje.
Maquillage & coiffure : Catherine Saint-Sever.
Distribution : Marie-Armelle Deguy, Sarah Le Picard, Clémentine Verdier.

Réservations : 01 42 74 22 77.

Coproduction : Théâtre de la Ville-Paris – Les Treize Arches-Brive – Compagnie Pandora.

Durée : 2h
Crédit photos : Pascal Gely.

 

 

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