“Bouvard et Pécuchet” (dès cycle 3 !) : le génie littéraire de Gustave Flaubert réinventé par le génie théâtral de Jérôme Deschamps… jubilatoire !

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Bouvard et PécuchetA travers l’œuvre de Gustave Flaubert, Jérôme Deschamps revisite la bêtise humaine… Jubilatoire ! Ludique ! Intelligent ! Une adaptation réussie où le meilleur du rire donne à penser et à “se re-penser” ! C’est à partager d’urgence avec la jeunesse et c’est au Théâtre de la Ville !

 

 

Le Portrait chinois

Si c’était une couleur ?

Le vert ! Celui des chaussettes joliment transgressives de Bouvard.

Si c’était une matière?

Le verre ! Celui de la bouteille qui passe de mains en mains, de spectacles en spectacles, depuis Lapin-Chasseur en passant par Les frères Zénith, les Deschiens et aujourd’hui par celles de Bouvard, Pécuchet et leurs camarades, de la ville aux “champs” !

Si c’était une idée ?

Au moins deux (c’est Deschamps et ça fourmille !) :

1) Une idée bien trop “verte” (jeune) pour ne pas être une utopie vertement verte !

2) Une chose, un son : multifonctions grâce à l’imagination follement ludique d’un créateur !

 

L’œil

Quel bonheur de retrouver la mécanique géniale des mises en scène, ou plutôt mises en jeux, de Jérôme Deschamps ! C’est un tour de force réussi de la voir au service des mots si cruellement tendres de Gustave Flaubert !

Même si seule la première scène et certaines phrases clefs qui rythment le spectacle (“Comme on serait bien à la campagne !”) rappellent, le texte originel de Gustave Flaubert, l’œil acéré et tendre de l’auteur du XIXe siècle sur ses contemporains est là ! Cette adaptation de son roman inachevé est culottée et réussie. Cette traduction en langue “Deschamps” n’en trahit pas l’esprit, mais interprète, à l’aune des mots-maux d’aujourd’hui, ce texte, intégrant aussi bien le “grommelot” (charabia composé de langage macaronique et d’éléments onomatopéique) que les “nuggets”…

En  1872  Flaubert écrivait  à Adèle Perrot « Ce sera une espèce d’encyclopédie de la Bêtise moderne. Vous voyez que le sujet est illimité ».
En 2017 avec la Compagnie Jérôme Deschamps, le sujet est aussi atemporel, telles les fables ré-inventées à chaque époque.

Sur le plateau, les créateurs de la Compagnie Jérôme Deschamps ressuscitent le bar central des Frères Zénith (avec des surprises que l’on pourrait presque croire sorties des films de Jacques Tati) et ouvrent un terrain de jeu aux machines humaines, presque traditionnelles, des Clowns-Deschiens. Ce bar résonne aussi grâce aux maladresses obstinées des personnages de Flaubert, faisant écho à celles des serveurs du Lapin-Chasseur.

Du vert des chaussettes que le costume un peu trop court de Bouvard permet de découvrir, au chandail  jaune poussin d’une femme pas si naïve, rappelant ceux de Yolande Moreau, les costumes de Macha Makeïeff sont les complices indispensables, la magistrale touche finale (ou originelle) de ce tableau de l’espèce humaine !

La distribution est également magistrale. Le jeu de chacun est réglé en orfèvre dans la droite ligne des spectacles précédents : l’interprétation emprunte aussi bien au clown qu’à la tragédie, à Buster Keaton qu’à Anton Tchekhov. Le duo central fonctionne à merveille allant presque de Laurel et Hardy aux penseurs Montaigne et la Boétie. Micha Lescot interprète Bouvard avec la même subtilité qu’il jouait Tartuffe, et son jeu physique est d’une précision diaboliquement drôle. L’interprétation de Pauline Tricot et Lucas Hérault est si vraie, si grande.

Jérôme Deschamps nous offre un Pécuchet d’orfèvre. Que les personnages surgissent du bar, des coulisses ou de la cabane-à-coïts, j’ose écrire que cette distribution est idéale ! Vous l’aurez compris, j’ai vécu un moment précieux, un moment riche qui résonne-raisonne encore en moi : par le rire et par la réflexion qu’il suscite. J’ose recommander cette création à qui veut faire découvrir le théâtre ou Flaubert !

 

Pistes pédagogiques de la Rédaction

A programmer pour une dernière sortie de fin d’année puisque le spectacle se jouera encore en juin. Par son dynamisme et son adaptation, il peut être vu dès le cycle 3. Bien entendu on pourra faire résonner classiquement cette œuvre en Français ainsi qu’en E.M.C. et en Philosophie (idées préconçues, préjugés, etc.). Cette mise en scène permettra aussi d’étudier en Sciences Physiques et Technologie les mécaniques des géniales trouvailles (systèmes de trappes, de lumières, machineries) de l’équipe de Jérôme Deschamps. Le langage déployé sur scène allant de l’interjection au grommelot, jusqu’à la langue de Gustave Flaubert, n’y aurait-il pas là un joli travail grammatical à mener ici ?

 

© Armelle et Marc ENGUERAND CDDS

Bouvard et Pécuchet 

De : Gustave Flaubert.

Adaptateur : Jérôme Deschamps.

Théâtre de la Ville / Espace Pierre Cardin 

 1 avenue Gabriel  Paris 8e

Du 26 Septembre au 10 Octobre & Du 22 Juin au 11 Juillet- durée 1h30

Un dimanche pour une rencontre : Autour de “Bouvard et Pécuchet”

DIMANCHE 01 OCTOBRE – 18H45 /Théâtre des Abbesses

Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation de 17h, animée par Lydia Gaborit.

Mise en scène : Jérôme Deschamps.

Avec : Jérôme Deschamps, Lucas Hérault, Micha Lescot, Pauline Tricot.
Costumes : Macha Makeïeff.
Lumières : Bertrand Couderc.
Assistant lumières : Julien Chatenet.
Scénographie : Félix Deschamps.
Assistant à la mise en scène : Arthur Deschamps.
Accessoires : Sylvie Châtillon.
Assistante costumes : Claudine Crauland.
Postiches & perruques : Cécile Kretschmar.
Conception décors : Clémence Bezat.
Fabrication des décors : Atelier Jipanco.

Production déléguée : Compagnie Jérôme Deschamps. Coproduction : Specta Films C.E.P.E.C. – La Coursive, scène nationale de La Rochelle – Théâtre de Caen.

La compagnie Jérôme Deschamps est soutenue par le ministère de la Culture et de la Communication.

Crédits photo : Armelle-et-Marc-Enguerand / P.Victor

 Et à suivre en tournée :

Toulouse TNT – Théâtre national de Toulouse du 02 au 05 mai 2018

Aix en Provence Théâtre du Jeu de Paume du 22 au 26 mai 2018

Marseille La Criée Théâtre national de Marseille du 15 au 19 mai 2018

Quimper Théâtre de Cornouaille du 05 au 07 juillet 2018

Paris Théâtre de la Ville reprise du 22 juin au 11 juillet 2018 puis du 26 septembre au 10 octobre 2018

Bonus :

 

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