# Rentrée ! (à partir du cycle 3) : “La Dame de chez Maxim”, toute la truculence et la gouaille de Feydeau revisitées par Johanna Boyé

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A l’heure où Feydeau n’est presque plus étudié (rarement au collège et si peu au lycée), la malicieuse Johanna Boyé met en scène La Dame de chez Maxim, avec toute la truculence et la gouaille que suppose cette comédie de mœurs. Ce spectacle nous entraîne de petit bonheur en petit bonheur, au moins par son dynamisme et sa fraîcheur. Un bonbon pétillant d’intelligence à partager de toute urgence avec la jeunesse !

 

Très difficiles à orchestrer et à jouer, les spectacles réussis de Feydeau sont toujours une prouesse scénique. Et pour preuve celui-ci. Pas de porte qui claque, mais une mécanique bien huilée où chaque quiproquo, chaque entrée et sortie, s’enchaînent tambour battant dans une scénographie astucieuse où les décors, tout à la fois légers et présents, se construisent et se déconstruisent en même temps que le propos. Comme toujours Feydeau se joue sur un fil, entre équilibre et déséquilibre, si dur à trouver et à rythmer.

Mais dans cette adaptation de Pamela Ravassard (aussi dans le rôle de la femme trompée) et Johanna Boyé, que nenni ! Les sept comédiens présents sur scène, tiennent une cadence infernale, maintenant au gré de leur jeu rythmé le rire des spectateurs (on comptera d’ailleurs parmi eux Florian Choquard, un des interprètes de Depuis l’aube de Pauline Ribat).

Au centre de cette maestria, la délicieuse Vanessa Cailhol (qu’on a vue dans Mamma Mia, Les Misérables ou Le Porteur d’histoire). Elle est aussi truculente au jeu, à la danse qu’au chant. Le diable dans la peau, elle raccourcit les jupes de la Môme Crevette, modernise par touches son répertoire et actualise ainsi un peu plus le personnage.

Profitons au passage pour saluer le travail de la costumière Virginie H. qui réussit ce tour de passe-passe en rendant les costumes par le jeu du détail tout à la fois contemporains et d’époque, conférant ainsi une belle atemporalité à la pièce de Feydeau.

C’est également le propos de nos interprètes : revisiter « les codes et l’actualisation d’éléments anciens [en décalant] les éléments forts d’hier, pour donner à voir toute la modernité et l’actualité qui y réside »*. Aussi, loin de dénaturer le texte d’origine, les libertés prises ne nous éloignent pas du dramaturge : elles lui redonnent au contraire toute sa résonance.

Ce serait donc à se demander si Johanna Boyé ne serait pas en train de montrer au nez et aux zygomatiques des spectateurs que le Vaudeville d’hier peut encore être une belle comédie de mœurs, capable de se moquer de nos « archétypes contemporains » et même « questionner les fondements contemporains »* !

*Notes de la metteure en scène.

 

L’œil pédagogique

Ce spectacle peut être vu et apprécié dès le cycle 3, jusqu’en terminale (et au-delà… !).  Outre le bonheur de se plonger dans un Feydeau en Français, des entrées très diverses peuvent être envisagées : dans le cadre du Parcours Avenir, il serait intéressant d’étudier les costumes de la pièce et ceux portés en 1900. Cette étude pourrait être liée en Histoire avec l’étude de Révolution industrielle tant au collège qu’au lycée.

 

 

La Dame de Chez Maxim

Théâtre 13 / Jardin

103 A, boulevard Auguste-Blanqui, 75013 Paris.

Du 5 septembre au 15 octobre 2017.

Rencontre avec l’équipe artistique dimanche 1er octobre 2017 après la représentation.

Réservation : 01 45 88 62 22

 

D’après Georges Feydeau.

Adaptation : Johanna Boyé et Pamela Ravassard.

Avec : Vanessa Cailhol, Florian Choquart, Arnaud Dupont, Lauri Lupi, Garlan le Martelot, Pamela Ravassard, Vincent Viotti et le musicien Mehdi Bourayou.

Création musicale : Mehdi Bourayou.

Scénographie : Jeanne Boujenah.

Création lumière : Cyril Manetta.

Costumière : Virginie H.

Cascade burlesque : Thomas Garcia.

Chorégraphies : Joan Nus.

Coproduction : la Compagnie Les Sans Chapiteau Fixe et Atelier Théâtre Actuel.

Avec le soutien de l’Adami, de la Spedidam, du Théâtre D. Cardwell de Draveil, du Théâtre de l’Athénée de Rueil-Malmaison, de la Ville de Cerny, du Théâtre Paris-Villette, de la MTD d’Epinay-sur-Seine, du réseau Actif, du Jeune Théâtre National et du Théâtre 13 / Paris.

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