# Rentrée (3e- lycée) ! : “Logiquimperturbabledufou” – Rhapsodie paradoxale, comédie à la joie folle et touchante par Zabou Breitman

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Après “Des Gens”, la pièce qu’elle avait montée à partir des documentaires de Raymond Depardon, la comédienne-réalisatrice-metteure en scène Zabou Breitman reprend le principe du montage de textes.  Avec quatre jeunes comédiens fougueux et délicats à la fois,  elle explore la “folie” en réalisant un collage fantasque et précis où les accents de Shakespeare, Tchekhov, Racine, Kafka, Lewis Carroll ou encore Gogol palpitent dans une corporéité saisissante.

 

Le portrait Chinois

Si c’était un animal ?

Une chimère aux serres acérées, et à tête de lapin !

Si c’était une odeur ?

Une subtile combinaison de camphre, de javel et de barbapapa.

Si c’était un objet ?

Un bâton de pluie rempli de petites pilules et  de cachets colorés.

 

“Le terme de “logique imperturbable du fou” provient d’une phrase dans le roman de Lydie Salvayre, La Compagnie des Spectres, que j’ai adapté au théâtre. Longtemps ces mots m’ont interpellée. Et puis l’esprit se focalise, s’inspire, la question devient obsession, et l’obsession, spectacle. Je veux explorer dans les franges de ce qu’on appelle “folie”, les endroits qui frottent avec l’absurde, la poésie, la déraison.”  Zabou Breitman.

Quand on lui fait remarquer que la folie, ou à tout le moins une forme de déraison, est un thème récurrent de certaines de ses œuvres, la metteure en scène reconnaît que ce sujet l’habite depuis l’enfance. Il est “lié à l’absolu, à la mortalité, on est au cœur de l’être, […] de cette magie fragile de l’humain”.  Et c’est en effet avec un sens du burlesque poétique et jouissif, comme savent l’être les jeux sans limites, issus de l’imagination des enfants, qu’elle aborde cette thématique grave et intemporelle.

Avec simplement quelques éléments, des tenues blanches, un lit d’hôpital sur roulettes, une porte à hublot, le vocabulaire spécifique (hermétique et tragi-comique !) des traitements médicaux, l’on se retrouve plongé dans l’univers contemporain d’un centre de soins psychiatriques. Sans affirmer, loin de là, que chacun serait fou, ce spectacle floute les frontières et joue en permanence sur leur mobilité. Les mêmes comédiens sont tour à tour soignés et soignants, changeant parfois de rôle à vue, au gré d’un vêtement, d’une perruque que l’on ajoute ou retire, les cloisons bougent, même les coulisses deviennent espace de jeu.

Les saynètes s’enchaînent en rythme, ponctuées par des danses, mimes et jeux de cirque. Les mêmes mots, les mêmes gestes, reviennent plusieurs fois, et cette circularité réussit à installer un étrange comique de répétition, mâtiné d’absurde, inquiétant, cruel et drôle. C’est là tout l’habile paradoxe : l’assemblage textuel et visuel (magnifiques trouvailles plastiques !) est féroce et tendre, fantasque et rigoureux, on rit, on est ému, on est ému de rire et le vertige n’est jamais loin…

 

L’œil pédagogique

Ce spectacle peut accompagner ou servir de point de départ à de nombreux travaux et activités dans différentes matières, à partir de la troisième (quatrième à la limite) et au lycée.

En Lettres  et/ou anglais, l’on imagine facilement un groupement de textes, combiné d’extraits de certaines pièces de Shakespeare : Hamlet,  Le Roi Lear, La Comédie des erreurs, La Nuit des Rois ou encore des œuvres de Tchekhov, Kafka etc. On interrogera le vocabulaire « folly » and « madness », l’on étudiera le personnage du « fool », y compris dans l’iconographie. Les arts plastiques trouveront en effet ici matière à réflexion et à productions. En EPS, l’on pense à l’accro-sport et à la danse.

 

Logiquimperturbabledufou

Du 28 au 30 septembre 2017 : le Liberté, scène nationale de Toulon ; les 5 et 6 octobre : Théâtre des Halles, Avignon ; du 12 au 14 octobre : Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en Provence ; du 18 au 20 octobre : Anthéa-Théâtre d’Antibes. Tournée prévue en 2018-2019.

Crédit photo : Vincent Berenger.

(Du 6 au 29 juillet 2017, Théâtre des Halles, Festival Off d’Avignon.)

Librement inspiré d’œuvres d’Anton Tchekhov, William Shakespeare, quelques mots de Zouc et de textes de Zabou Breitman.

Mise en scène, adaptation et textes : Zabou Breitman.

Avec : Antonin Chalon, Camille Constantin, Rémy Laquittant, Marie Petiot.

Assistantes à la mise en scène : Pénélope Biessy et Diane Derosier.

Chorégraphie : Gladys Gambie.

Acrobatie et chorégraphie : Yung-Biau Lin.

Clown : Fred Blin.

Décor et scénographie : Audrey Vuong et Zabou Breitman.

Costumes : Cédric Tirado et Zabou Breitman.

Création lumières : Anaïs de Freitas et Zabou Breitman.

Création son : Grégoire Leymarie.

Réalisation son : Tiphanie Bernet.

Production : Le Liberté, scène nationale de Toulon.

Coproduction : La compagnie Cabotine / anthéa, antipolis théâtre d’antibes.

Avec le soutien de la Chartreuse de Villeneuve-Lez-Avignon, du Théâtre de Châtillon et du Théâtre des Franciscains, Béziers.

Avec l’aide de la Spedidam.

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