# Avignon IF 2017 : En ses univers, l’habitante… Comme une bulle irisée où se blottir et s’envoler…

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Le festival IF, initiative magnifique de Stéphane Pellet et Frédéric Tort, deux avignonnais férus de Théâtre, de rencontres et de partages, ouvre les jardins de particuliers à des artistes pour une série de trois représentations de chaque proposition. Et pour clore l’édition 2017,  quatrième du nom, c’est le jardin de la Roquille qui a accueilli la poésie aérienne de la danseuse Natacha Liège, les 24, 25 et 26 juillet.

 

20H26… un jeune homme souriant accueille les invités sur le pas de la porte et leur indique le chemin vers le jardin, à l’arrière de la demeure, et c’est comme passer de l’autre côté du miroir d’Alice. Une cour joliment éclairée de guirlandes colorées rassemble les convives autour d’un buffet, apéritif propitiatoire à l’accueil des nourritures plus célestes à venir…

Le jour décroît, chacun prend place. Une quarantaine de sièges rangés en arc de cercle transforment le lieu en théâtre de verdure. La plupart, anciens fauteuils en fer et bois du théâtre de Guignol du parc de la Tête d’Or, vivent là une reconversion réussie !

Certains des spectateurs patientent en découvrant la puissance des vers libres de Jean Cergues imprimés sur le programme, d’autres gardent cette lecture pour après, préférant accueillir le spectacle en toute fraîcheur… et soudain elle est là, parmi eux. Frêle dans sa légère chemise blanche, altière et lumineuse, elle se tient droite, ses pieds nus campés dans la terre de l‘allée. Elle sourit et embrasse son public d’un regard généreux. Puis, elle avance doucement et, sur le ponton qui enjambe le bassin, allume des bougies délicates, d’un geste lent évoquant un rituel sacré … Un murmure – c’est d’ailleurs le titre de la première ambiance sonore, créée par Heid’, avant les musiques des quatre compositeurs convoqués – semble inviter sans un mot le public à prêter la plus vive attention à la force qui danse devant lui, sous la tonnelle aux colonnes verdoyantes. Happé par les ondulations, les caresses et tremblements frénétiques, l’on participe délicieusement à la soudaine immobilité de l’artiste, sereinement tendue vers le ciel, puis à sa course contre le vent, ses échanges avec chacun des éléments, du feu qui l’anime, à l’eau dont elle se lave… Un voyage, un partage, une vibration qui nous rend plus vivants…

 

L’œil pédagogique

En Histoire des Arts, il serait intéressant d’étudier la figure de la bayadère, en lien avec une expérimentation en EPS de danses en cercle où l’énergie du groupe circule entre chaque danseur.

Au collège, en français, les élèves pourraient rédiger l’histoire de ce personnage virevoltant, en travaillant tout particulièrement sur les étapes du récit, la description et le vocabulaire des émotions. Le travail au lycée pourrait éventuellement s’enrichir de passerelles avec la philosophie (La raison et le réel, la matière et l’esprit).

__________________________________________________________________________________________________________________________Anne-Laure Naar

 

 

 

Avignon IF, du 24 au 26 juillet – Le jardin de la Roquille.

Chorégraphie et Danse : Natacha Liège.

Poétique : Jean Cergues.

Accompagnement, synthétiseur modulaire, ressources musicales : Heid’, Klauz Schulze, Philip Glass, Art Zoïd et Tangerine Dream.

Crédit photos : Benjamin Chauvet

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