# Avignon OFF 2017 : “Othello”, variations très shakespeariennes pour deux Clowns !

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Revisité par les clowns Francis et Carpatte, cet Othello permet d’entrer à la fois dans l’histoire complexe de cette tragédie (shakespearienne) tout en restant à distance grâce à l’interprétation toujours ouvertement « explicative » de l’histoire. Deux acteurs pour une dizaine de personnages. Cet Othello, joué à l’Espace Roseau, et mis en scène par Maria Zachenska et Pierre Cornouaille, sans décor ni artifice, est tout simplement d’une vivacité extraordinaire.

 

C’est Carpatte, dans une sorte de mise en abyme (puisqu’elle est interprétée par la metteur en scène), qui, sous nos yeux,  se met en scène et met en scène Francis, soulignant pour le spectateur les codes, les gestes, les postures, les attitudes de chaque personnage ou de chaque groupe de personnages, soufflant même les répliques. Ce clown n’hésite pas à insister, à reprendre certaines postures ou certains tons de voix, ce qui provoque, par l’effet de répétition, le rire du spectateur.

Alors bien sûr, ici pas de sentiment d’horreur, de pitié, pas de catharsis. Du rire, mais aussi une réflexion sur l’absurdité de nos agissements, les ravages de la jalousie et de la soif du pouvoir. De héros tragiques qu’ils sont dans la pièce de Shakespeare, ils redeviennent ce qu’ils sont, humains, trop humains, très proches de nous. Le rire, grâce aux clowns, fait réfléchir le spectateur et peut aussi aider à comprendre comment, dans un drame ou une tragédie, des grands auteurs du répertoire, des histoires trop humaines et parfois dérisoires peuvent devenir des grandes œuvres transformant les hommes en héros ou les présentant avec leurs faiblesses, leurs passions pour nous aider à les dépasser.

Les deux acteurs sont formidables, d’une énergie et d’une vivacité extraordinaires. C’est une véritable performance. Le spectateur est happé par ces deux clowns qui sont le centre de ce spectacle sans décor, sans bande son et dont les lumières semblent éclairer de l’intérieur les personnages sauf pour nous faire « voir » le mouchoir, objet de tant de jalousie ! Aucun décor, une scénographie réduite à son minimum et qui utilise le plateau, les rideaux noirs du fond de scène et des côtés cour et jardin pour créer un hors scène très habité. Rien ne peut distraire le spectateur de ces deux personnages-clowns interprétant tous les protagonistes de la tragédie de Shakespeare avec une bonne volonté, un sérieux et une énergie qui les rendent à la fois grotesques et magnifiques.

 

L’œil pédagogique

Des enseignants de collège désirant aborder le drame et la tragédie trouveront dans ce spectacle une entrée dynamique pour définir le genre et comprendre l’histoire complexe d’Othello. Et enfin, cette représentation est aussi intéressante pour expliquer le travail du clown et l’art de la mise en scène, du jeu, de l’interprétation ; pour définir l’« illusion théâtrale » et connaître les codes du théâtre.

Cet Othello théâtre de clown est visible à partir de 8-10 ans. Pour les plus jeunes, c’est un peu trop long et certains moments très explicatifs et narratifs peuvent les lasser.

 

_________________________________________________________________________________________________________________________Brigitte GORNET

 

Othello. Du 7 au 30 juillet – Espace Roseau, Avignon.

 Compagnie Parallèles.

Mise en scène : Maria Zachenska.

Les clowns : Louis-Jean Corti, Maria Zachenska.

 

Scénographie et costumes : Georges Vafias.

Lumières : Pierre Cornouaille.

>Réservations

Crédit photo : Tous droits réservés à la Cie Parallèles.

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