# Avignon OFF 2017 : “Assoiffés”, ou quand la question de l’existence surgit au cœur du public

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Grâce à la langue virtuose, organique, sensible et drôle, de Wajdi Mouawad, “Assoiffés”, où quand une compagnie prometteuse fait résonner les déraisons de nos vies par les truchements adolescents. A entendre au GIRASOLE à 13H30.

 

Le Portrait chinois 

Si c’était un objet ?

Ceux qui sortent de leurs boîtes : un diable qui pense, les maux de pandore, les « conseils » du petit écran, les morts qui questionnent les vies des vivants.

Si c’était un plat cuisiné ?

Les cristaux qui s’accrochent sur les fils d’une barbapapa dont le goût trop sucré écœure.

Si c’était une musique ?

Le cri. Le cri des successives naissances de nos vies. Cri assourdissant. Cri révolutionnant.

 

L’oeil 

« Comment ça se fait que plus je grandis, moins j’ai l’impression d’être vivant ? » .

Grâce à ses personnages adolescents, la plume géniale de Wajdi Mouawad, porte à la scène cette question essentielle parfois noyée dans nos vies d’adultes. Et l’adulte que je suis a eu soif d’être réveillée par ces mots. Assoiffés est un grand texte ! Comme dans Incendies, les tragédies qui traversent les personnages, sont traduits par force émotions et détournements tendrement humoristiques. Les personnages nous violentent, en crachant par monologues de véritables interrogations ou en tentant par leur métier de se rassurer, de rationaliser, les troubles de leurs vies.

Cette pièce qui pointe aussi le besoin de nécessité, de sens, pour faire les choses, demande un souffle sans cesse renouvelé, une bataille pour livrer l’intime, faire sonner les différentes notes de la partition. Et la compagnie du Bruit de la Rouille s’y emploie ! Certes, difficile d’affirmer tout à fait qu’avec cette interprétation nous sommes autant emportés par l’émotion, qu’avec l’équipe exceptionnelle qui entourait Véronique Nordey et Laurent Sauvage en 2008 au théâtre de la Colline sur le théâtre de Wajdi Mouawad ; mais il y a là des élans de ces comédiens pleins de fraîcheur qui touchent et percutent.

Le choix de la scénographie est astucieux. Son cœur, une boîte de pandore aux multiples fenêtres, autant de façons de montrer les différentes facettes du jeu des personnages et d’y placer un passage vers un ailleurs.

Un beau moment, pour entendre cette langue aux accents universels… un rien québécois, dans un lieu qui ose les créations en Avignon !

 

Pistes pédagogiques de la rédaction

A travers cette pièce, les grands collégiens et les lycéens pourront s’interroger en philosophie et EMC sur les notions de vivre et d’existence. On pourra travailler en géométrie et en mathématiques sur la scénographie (le cube !), également en histoire sur les évènements qui ont amené la langue française à se faire langue francophone…

______________________________________________________________________________________Yaël Tama

Du 07 au 30 juillet 2017 à 13h30 – GIRASOLE en Avignon.

Compagnie Le Bruit de la Rouille.

Auteur : Wajdi Mouawad et Benoît Vermeulen.

Interprète(s) : Mélaine Catuogno, Vivien Fedele, Alexandre Streicher.

Co-Créateur : Pierrick Bressy-Coulomb.

Diffuseuse : Marion Parassin.

Créatrice Lumière : Sarah Ballestra.

Régisseur : Jean Charles Vautrin.

>> Réservation au Girasole

Téléphone : 04 90 82 74 42.

 

 

 

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