# Avignon OFF : Louis Arene met en scène “Le chien, la nuit et le couteau” de Marius von Mayenburg

Dans les spectacles à suivre absolument, le Munstrum Théâtre démasque notre part monstrueuse et révèle notre violent besoin de vivre à travers un jeu au scalpel dans Le Chien, la Nuit et le Couteau. Cette pièce justement décalée devrait happer et bouleverser les lycéens. Plongez-y à 15H20 à LA MANUFACTURE.

 

 

Le portrait chinois 

Si c’était un objet?

Un masque qui fond sur l’humanité.

Si c’était un son ?

Un rire qui déchire le vide, un riff de guitare de Prince .

Si c’était un végétal ?

Un arbre qui pousse après une explosion nucléaire.

 

L’œil

Vu dans le froid sec de cet hiver à Vanves, Le Chien, la Nuit et le Couteau de Marius von Mayenburg par le  Munstrum Théâtre, devrait brûler le public de la fournaise avignonnaise.

En décalant juste un peu nos points de vues, cette compagnie fait saigner nos certitudes, raisonner nos doutes et nos rires, durant la traversée de cette Nuit.

Lionel Lingelser et Louis Arene en inventant des masques tels une peau fondue, désincarnent ces crânes nus chacun dans la masse. Et paradoxalement donnent à voir l’évolution de leurs émotions et de leurs lâchetés, pour illuminer le verbe de Marius von Mayenburg .

Le jeu physique, dense, terriblement incarné et décalé des trois comédiens (Lionel Lingelser, François Praud, Sophie Botte ou Victoire du Bois), guidés par le meteur en scène Louis Arene, nous entraîne entre coup de Couteau dans l’âme et rire salvateur.

Les questions de la bascule vers la monstruosité, de la nécessité de suivre les règles établies, de la recherche du bonheur, de l’absurde, de la part d’enfance et d’humour qui survit même lors d’une nuit terrible, la découverte de la part qui nous rapproche du Chien, toutes ces questions nous saisissent comme un violent besoin de vivre !

 

Pistes pédagogiques de la rédaction

Assurément les lycéens seront  happés par ce spectacle et frappés par ces questions.

Assurément un travail si fin du texte mêlé au corps pour nous questionner, une utilisation si novatrice du masque pour mieux révéler nos ressemblances et fondre nos lâchetés, et une lumière si sculptée, seront signifiants en français, arts plastiques, sciences physiques, histoire du XXe siècle, EPS, philosophie et français.

On pense ici à Beckett, à Sophocle, à Shakespeare, et à Koltès, avec la cruelle précision d’un scalpel germanique.

______________________________________________________________________________________________________________________________________________Yaël Tama.

 

Du 6 au 26 Juillet 2017 à 15h20 à La Manufacture, #Avignon off.

Une pièce de Marius von Mayenburg.
Mise en scène par Louis Arene.

Avec Lionel Lingelser, François Praud, Sophie Botte ou Victoire du Bois.
Conception Lionel Lingelser et Louis Arene.
Traduction Hélène Mauler et René Zahnd.
Dramaturgie Kevin Keiss.
Création sonore Jean Thévenin.
Création lumières François Menou.
Scénographie Louis Arene et Amélie Kiritzé-Topor.
Création des masques Louis Arene.
Création costumes Karelle Durand.
Régie lumières Julien Cocquet.
Régie plateau Valentin Paul.

Co-production la Valentin Paul et le Théâtre 95 de Cergy.
Soutiens le Préo d’oberhausbergen, le TAPS de strasbourg, le Créa et l’Espace Tival de kingersheim, le Théâtre de Vanves et le Centquatre.

Accompagnement dispositif A.V.E.C (Arcadie, Théâtre de Vanves et Cassiopée).